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Saint-Pétersbourg

Saint-Pétersbourg (en russe : Санкт-Петербург, IPA : /sankt pʲɪtʲɪˈrburk/) est la plus grande ville de Russie par sa superficie (1 439 km²) et la deuxième ville la plus peuplée (avec plus de 4,5 millions d'habitants en 2007) après la capitale Moscou. Elle est située au nord-ouest du pays sur le delta de la Néva au fond du Golfe de Finlande dans la Mer Baltique. Capitale de l'Empire Russe de 1712 jusqu'en 1918, Saint-Pétersbourg a conservé de cette époque un ensemble architectural unique qui en fait une des plus belles villes d'Europe. Principal port russe sur la mer Baltique c'est un centre majeur de l'industrie, de la recherche et de l'enseignement russe ainsi qu'un important centre culturel européen. Saint-Pétersbourg est la deuxième ville la plus large d'Europe par superficie propre et la cinquième par population. Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par le Tsar Pierre le Grand dans une région disputée depuis longtemps au Royaume de Suède. Par son urbanisme résolument moderne et son esthétique d'origine étrangère la nouvelle ville devait permettre à la Russie d'« ouvrir une fenêtre sur l'Europe » et contribuer, selon le souhait de Pierre, à hisser la Russie au rang des grandes puissances européennes. Le centre-ville, construit sur des directives des souverains russes, présente une architecture unique qui mélange des styles architecturaux (baroque, néoclassique) acclimatés de manière originale par des architectes souvent d'origine italienne. Sa beauté alliée à l'existence de nombreux canaux lui ont valu le surnom de « Venise du Nord ». La ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1990. De sa fondation jusqu'au début du XXe siècle, Saint-Pétersbourg a été le principal centre intellectuel, scientifique et politique du pays. Au XIXe siècle, la ville est également devenue le principal port commercial et militaire de la Russie ainsi que le deuxième centre industriel du pays après Moscou. C'est à Saint-Pétersbourg que la Révolution russe de 1917 éclate et que les bolcheviques triomphent. La ville connaît par la suite un certain déclin. Au début des années 1920, à la suite du transfert de la capitale à Moscou ainsi que de la guerre civile, le chiffre de la population s'effondre et ne retrouve son niveau d'avant-guerre qu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Durant cette dernière, elle subit un siège de près de trois ans qui décime à nouveau sa population. Tombée à moins d'un million d'habitants au sortir de la guerre, elle se repeuple grâce à l'arrivée de ressortissants d'autres régions. Depuis cette époque, Saint-Pétersbourg a régulièrement perdu du terrain par rapport à Moscou, phénomène qui s'est accentué depuis la libéralisation du système économique russe. Saint-Pétersbourg a changé plusieurs fois d'appellation : Pétrograd (Петроград), de 1914 à 1924, puis Léningrad (Ленинград), de 1924 à 1991, avant de retrouver son nom d'origine à la suite d'un référendum en 1991. Saint-Pétersbourg est également appelée familièrement « Piter » (Питер) par ses habitants. Pour les Russes, c'est la « capitale du Nord » (северная столица, severnaïa stolitsa). On l'a également surnommé « Venise du Nord » pour ses canaux aux perspectives monumentales, et « Palmyre du Nord ».

Géographie

Saint-Pétersbourg est construite sur le delta marécageux de la Néva au fond du golfe de Finlande en mer Baltique. La ville a une superficie de 606 km² (1 431 km² en incluant les agglomérations annexées par la ville en 1999 comme Peterhof et Pouchkine), dont 10 % d'étendues d'eau. La ville compte 42 îles : à l'origine il y en avait un plus grand nombre mais de nombreux canaux ont été comblés. La ville est construite 2 à 4 mètres au-dessus du niveau de la mer. La nappe phréatique est très proche de la surface. Les rives du fleuve ont été consolidées à l'aide de pierres granitiques qui non seulement protègent la ville des eaux mais également contribuent à lui donner son cachet. Alexandre Pouchkine écrit en parlant de Saint-Pétersbourg : La ville s'est habillée de granit. Du fait de sa faible élévation au-dessus du niveau de la mer, Saint-Pétersbourg est souvent victime d'inondations. En 2003, les statistiques officielles décomptaient 295 inondations depuis sa fondation, dont 44 depuis 1980. Les inondations les plus sévères ont eu lieu en 1824 (elle aurait fait, selon les statistiques, de 200 à 500 victimes) et en 1924. La Néva, qui arrose Saint-Pétersbourg, est un cours d'eau très court (74 km de long) mais son débit ( 2 510 m³/s) en fait un des fleuves les plus puissants d'Europe : en effet la Néva collecte, via plusieurs lacs, les eaux d'un bassin versant de 218 000 km² (2/5 de la superficie de la France). À Saint-Pétersbourg, la Néva est large de 600 mètres et la vitesse du courant est rapide. Sur les 74 km de son cours, 28 sont situés à l'intérieur des limites de la ville. Jusqu'au XIXe siècle, les eaux peu profondes du golfe de Finlande arrivaient à recycler naturellement les effluents produits par la ville. D'ailleurs de nos jours, les eaux usées des 5 millions d'habitants et des nombreuses industries ne représentent toujours que 2 % des eaux déversées par la Néva. Mais, au milieu du XIXe siècle, une première épidémie de choléra et de typhus éclata à cause de la mauvaise qualité des eaux. En 1908, une épidémie de typhus fit 9 000 victimes. Le problème fut réglé en 1910 par une modification du lieu de captage des eaux de la ville. Dans les années 1950 et 1960, l'accroissement rapide de la population remit le sujet à l'ordre du jour. Circonstance aggravante les eaux de la Néva étaient à cette époque très polluées avant même de pénétrer dans la ville : issues du lac Ladoga elles étaient à la fois dégradées par les nombreuses usines installées sur le pourtour de ce lac et par la qualité des eaux des rivières alimentant dans le lac. Une usine de retraitement fut construite à l'époque mais, de nos jours, 25 à 30 % des eaux usées ne sont toujours pas retraitées. Le golfe de Finlande abrite essentiellement des espèces d'eau douce et quelques espèces d'eau saumâtre. L'écosystème qui les abrite est fortement menacé par les activités humaines. Pour protéger Saint-Pétersbourg des inondations, le gouvernement soviétique a lancé en 1978 la construction du barrage de Saint-Pétersbourg long de 25 km : celui-ci barre tout le fond du golfe à 20 km au large de Saint-Pétersbourg à la hauteur de l'ile de Kotline sur laquelle est édifiée Cronstadt. Ces inondations ne sont pas liées aux périodes de hautes eaux de la Néva, mais à la pression exercée par les vents d'ouest sur les eaux du golfe qui empêchent les eaux du fleuve de s'écouler dans le golfe et qui, dans les cas extrêmes, les refoulent vers l'amont. Pour des raisons écologiques, la construction du barrage fut arrêtée à la fin des années 1980 alors que la moitié nord était déjà achevée : on s'était rendu compte que le barrage perturbait fortement la circulation des eaux côtières et avait fortement fait baisser leur qualité en les rendant en partie stagnantes. On craignait à l'époque que tout le fond du golfe se transforme en marécage. La construction reprit en 1990 avec l'aide technique des Néerlandais, spécialistes reconnus dans ce domaine, et l'appui financier de la Banque européenne d'investissement. Dans la mesure où les menaces pour l'environnement existent toujours, le barrage reste un sujet très controversé chez les habitants de Saint-Pétersbourg. Saint-Pétersbourg se trouve à la même latitude que les villes d'Oslo et Stockholm ainsi que du sud de l'Alaska ou de la pointe sud du Groënland. Elle bénéficie d'un climat continental humide caractérisé par de forts contrastes thermiques entre l'hiver et l'été. Les étés sont relativement chauds avec une température moyenne comprise entre 19 et 22°C, tandis qu'en hiver la température moyenne se situe entre -4 et -8°C. La neige est présente 123 jours par an. Les précipitations (625 mm par an) sont particulièrement importantes durant l'été. Du fait de sa latitude très septentrionale, les nuits qui encadrent le solstice d'été ne sont jamais complètement obscures (on parle de "nuits blanches").

Le Saint-Pétersbourg contemporain

Le 12 juin 1991, les habitants de la ville se sont prononcés par référendum pour que la ville retrouve son nom originel ce qui sera effectif le 6 septembre 1991. Toutefois la région a gardé son nom soviétique (l'oblast de Léningrad). Durant la tentative de putsch contre le président Boris Eltsine en octobre 1993, le maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak rassemble les partisans de la démocratie pour manifester devant le palais d'Hiver contre les putchistes. En 1991, la superficie de la ville de Saint-Pétersbourg augmente considérablement par intégration des villes satellites de Kolpino, Pouchkine, Gatchina, Sosnovy Bor, Lomonossov, Kronstadt, Peterhof et Schlüsselburg. Ces villes sont désormais considérées comme des quartiers de Saint-Pétersbourg et ne font plus partie du territoire de l'oblast de Léningrad. Le 27 mai 2003, les fêtes du 300e anniversaire de la fondation de la ville sont célébrées. À cette occasion, des quartiers de la vieille ville et plusieurs palais sont restaurés. La ville se retrouve pour la première fois depuis longtemps au centre de l'attention du monde entier. Comme les rénovations avaient surtout concerné les façades et certains édifices prestigieux, des critiques soulignèrent qu'il s'agissait d'une restauration à la manière des villages de Potemkine. Toutefois, ces critiques cessèrent par la suite car les travaux se poursuivirent après le jubilé et continuent encore aujourd'hui en partie grâce à des investisseurs privés.

La ville et ses monuments

Saint-Pétersbourg a été durant longtemps le siège du pouvoir des tsars russes. Ceux-ci y ont déployé le faste que leur permettait leur immense richesse dont on peut voir aujourd'hui de nombreux témoignages dans la ville. L'apparence majestueuse de Saint-Pétersbourg découle de la combinaison d'une grande variété de détails architecturaux : de longs boulevards rectilignes, des espaces majestueux, des parcs et des jardins, des grilles en métal forgées, des monuments et des sculptures décoratives. La Néva ainsi que les nombreux canaux et leurs quais habillés de granit ainsi que les ponts contribuent à donner à la ville une apparence unique qui frappe le visiteur. Dans le cadre du tricentenaire de la fondation de Saint-Pétersbourg (2004), de nombreux bâtiments ont été restaurés. La ville possède aujourd'hui à côté des 250 musées près de 4000 monuments protégés. 15% des constructions de Saint-Péterbourg - soit au total 2400 immeubles - sont sous la protection de l'UNESCO en tant que témoignage de l'histoire de l'architecture mondiale. Dans ce domaine, Saint-Pétersbourg n'est dépassé que par Venise. Mais la ville a des difficultés à faire face au coût d'entretien des monuments historiques. À côté du nombre, il faut restaurer en profondeur de nombreux immeubles qui ont été fortement dégradés durant la période soviétique et combattre la dégradation des façades engendrée par la pollution industrielle et la circulation automobile intense du centre-ville.

Les canaux et les ponts

Saint-Pétersbourg s'étendait à l'origine sur plus d'une centaine d'îles créées par les bras de la Néva, ses affluents et les canaux artificiels. Les principales sont l'île Petrogradski sur la rive droite, occupée par des quartiers ouvriers et à laquelle s'adosse la forteresse Pierre et Paul et l'île Vassilievski, l'île la plus grande qui fait face au golfe et où se trouve les principaux locaux de l'université. Au nord de ces deux îles, l'île de la Croix hébergeait le stade Kirov qui est maintenant en train d'être remplacé par un nouveau stade tandis que l'île Elaguine est un grand parc de loisirs. Les canaux qui formaient un damier dans l'île Vassilievski à l'imitation d'Amsterdam ont été comblés. Les canaux les plus connus sont situés sur la rive gauche. Il s'agit de 3 canaux concentriques : la Fontanka le plus large situé à l'extérieur, les canaux Moïka et Griboïedov plus sinueux. Pour passer d'une île à l'autre, il existe aujourd'hui 342 ponts de dimension et de style architectural très varié (Pont égyptien, Pont de la banque avec ses griffons, pont aux lions, ...). Chaque nuit, lorsque la Néva est navigable (d'avril à novembre), les tabliers de 22 ponts situés sur la Néva et les principaux canaux sont levés pour laisser passer les navires qui entrent et sortent de la mer Baltique.

Principaux bâtiments

* La forteresse Pierre et Paul occupe une position dominante sur la rive droite de la Néva en face du Palais d'Hiver au centre de la ville. Sur l'autre rive de la Néva, la pointe (strelka) de l'île Vassilievsky est occupée par le bâtiment de l'ancienne bourse (1805-1810) de style "renouveau grec" qui héberge aujourd'hui le musée de la marine russe. Un parc occupe l'extrémité de l'île dans lequel se trouvent deux grandes colonnes colorées décorées avec des proues de navires de guerre et des statues. Ce lieu est souvent utilisé pour des événements culturels dont le festival des Nuits Blanches. * L'Amirauté * Le Passage, une arcade commerciale * Le théâtre Mariinsky (anciennement appelé le Kirov) * La Gare de Finlande où Lénine arriva d'immigration le 3 avril 1917 pour diriger la Révolution d'octobre. * La prison Kresty : l'immeuble Kresty (en forme de croix) est la plus grande prison d'Europe. L'administration veut le vendre pour une transformation en appartements (comme Boutyrskaïa à Moscou). * la Perspective Nevsky longue de 4,5 km est la principale avenue de Saint-Pétersbourg : elle court du palais d'Hiver au monastère Alexandre Nevsky. C'est l'artère commerçante la plus animée de la ville et le centre de la vie culturelle et nocturne. On y trouve des galeries marchandes, des grands magasins (Gostiny Dvor) aux styles architecturaux variés (le magasin Elisseïv, la Maison du Livre de style Art Nouveau) ainsi que plusieurs églises et palais (dont le palais Stroganov de Rastrelli de style baroque). Le Cavalier de bronze, statue équestre monumentale de Pierre Ier commandée par Catherine II de Russie au sculpteur français Falconet, constitue un des symboles de la ville qui a inspiré un poème célèbre de Pouchkine.

Édifices religieux

La ville compte de nombreux édifices religieux qui dans le centre historique sont de style baroque ou néoclassique (hormis la cathédrale Saint-Sauveur) et sont dépourvus de bulbes si caractéristiques des édifices traditionnels russes. * La cathédrale Pierre-et-Paul (1712-1732) située dans la forteresse éponyme noyau initial de la ville, est la première cathédrale en pierre de Saint-Pétersbourg. Sa flèche, qui culmine à 132 mètres et au bout de laquelle se tient un ange tenant une croix, est un des symboles de la ville. La plupart des tsars russes qui ont succédé à Pierre le Grand y sont enterrés. * La cathédrale Saint-Isaac (1748-1764), œuvre des architectes Auguste de Montferrand et Vasssili Stassov domine la ville. C'est par sa dimension, la troisième église baroque d'Europe après la basilique Saint-Pierre de Rome ou plus exactement du Vatican et la cathédrale Saint-Paul de Londres. Haute de 101,5 mètres, elle est visible à des dizaines de kilomètres dans le delta plat du fleuve Neva. Cathedrale St. Catherine * La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan (1801-1811) de André Voronikhine, inspirée de la basilique Saint-Pierre, est située sur la perspective Nevski et est dédiée à la victoire sur les armées de Napoléon. * La cathédrale Saint-Sauveur (1883 — 1907) est le seul édifice construit selon le style architectural traditionnel russe. Elle a été édifiée sur le lieu de l'assassinat d'Alexandre II. * L'église Saint-Nicolas-des-Marins (1753-1762) est un bel exemple de l'art baroque importé d'Europe par le tsar Pierre Ier. Elle renferme dix icônes d'or offertes par Catherine II pour commémorer les 10 plus belles victoires navales russes. * Le couvent Smolny coloré de bleu et de blanc est un chef d'œuvre baroque de l'architecte italien Bartolomeo Rastrelli qui resta inachevé. Saint-Pétersbourg compte d'autres édifices baroques remarquables comme l'église Saint Siméon et Anna (1731-1740), l'église Saint Sampson (1728-1740) et la cathédrale Saint-André (1764-1780). * On trouve de nombreuses églises néoclassiques, qui souvent dominent de vastes places telles que la cathédrale Saint Vladimir (1769 — 1789), l'église Notre-Dame de Vladimir (1761 — 1783), la cathédrale de la Transfiguration (1827 — 1829) et la cathédrale de la Trinité (1828 — 1835, endommagée par le feu en 2006) ces deux dernières de l'architecte Vladimir Stassov. * Le monastère Alexandre-Nevski a été construit pour abriter les restes du héros russe Alexandre Nevski. Il comprend 2 cathédrales et 5 églises de plus petite taille de styles variés. C'est aujourd'hui un des 3 principaux centres de formation religieux de Russie et c'est là que réside le patriarche de Saint-Pétersbourg. On trouve non loin le cimetière Tikhvine qui abrite les tombes des artistes les plus célèbres de la ville (César Cui, Dostoïevski, Mikhaïl Glinka, Moussorgski, Rimski-Korsakov, Tchaïkovski).




Source : Wikipedia